LA GENÈSE DE PUAMUN: LA MARCHE INNU MESHKENU

Innu Meshkenu c’est une marche de 6 000 kilomètres à travers l’est du Canada, de 2010 à 2017.

Voici l’origine de la vision du projet Innu Meshkenu:

 J’ai d’abord cru que je faisais un rêve. C’est arrivé en 2008 alors que je marchais sur le chemin de Compostelle. Les pieds meurtris. Ampoules par-dessus ampoules. Le niveau d’énergie à plat. Vidé par l’effort constant. C’était la nuit. Et je dormais. À poings fermés.

Je me voyais marcher d’une communauté à l’autre. Je parlais avec les jeunes, je tentais de les inspirer, de leur dire qu’il était possible de réaliser leurs rêves, même les plus fous, mêmes les plus vrais. Je leur disais qu’un autre demain était envisageable. Mes ancêtres eux aussi me parlaient. Ils me disaient que je devais le faire.

Que je devais le faire?

Je ressentais la détresse des communautés et l’urgence d’agir. Je voyais les suicides, je voyais la recherche de l’identité, le décrochage scolaire, les problèmes de diabète, l’éloignement des géné-rations, l’éloignement des peuples. Je voyais.

Je devais le faire

Au petit matin, le rêve n’était pas flou comme trop de rêves le deviennent lorsque baignés de la lumière du crépuscule. Bien au contraire. Le rêve était là. Plus vivant, plus vrai, plus urgent.

Tout était clair dans ma tête. Je devais le faire. C’était ma voie. Ma destinée. Je devais le faire. J’ai d’abord cru que je faisais un rêve. J’ai compris que c’était une vision.

– Stanley Vollant

La marche Innu Meshkenu a réussi à initier un mouvement qui a su mobiliser les Premières Nations et sensibiliser une grande partie de la population allochtone.

Au cours de chacune de ces marches, des arrêts et des rencontres avec les membres des communautés autochtones ont été prévus. Des visites d’écoles ont été faites et des rassemblements populaires ont pris la forme d’un makusham ou d’un souper communautaire. Nous avons visité des écoles allochtones se trouvant sur notre passage de manière à établir des ponts entre les communautés autochtones et le reste de la population.

Ainsi, au-delà des efforts faits en vue de promouvoir de saines habitudes de vie et la pratique d’activités physiques, la marche Innu Mes­hkenu à aussi fait vivre aux communautés autochtones et allochtones une expérience de rapprochement véritable.

De fait, des marcheurs allochtones se sont régulièrement joint à nos contingents de marcheurs autochtones, provoquant des échanges mutuellement bénéfiques.