Jour 9 - Le champ de rêve (ou « on arrive au lac, PU D’LAC! »)

Ce matin, nous sommes réveillés par « Les canons de Pachelbel ». Le lever du soleil est radieux; la journée s’annonce magnifique! Mon déjeuner devra être léger; depuis quelques jours, j’ai des maux de ventre probablement en lien avec mon opération. Je dois faire attention à ma nourriture… donc : Raisin Brand, fruits et yogourt s’avèrent un choix judicieux dans mon cas. J’ai envie d’un bon café de chez Tim… J’en ai marre du café instantané!

Nous ramassons notre équipement et faisons notre cercle de partage durant lequel nous souhaitons la bienvenue à Denis, le conjoint de Chantale, qui se joint à nous pour les prochains jours. Et nous partons pour notre périple de 26.5 km de marche vers lac Doré. Nous longeons la plage et allons vers le centre-ville…. passons devant le Tim Horton (où j’aurais bien fait un arrêt!). La chaleur nous gagne; le soleil brille fort et nous commençons à enlever le surplus de vêtements nécessaires dans la fraicheur du matin. On nous recommande de boire au moins 1.5 litre d’eau et de nous arrêter de temps à autre dans des endroits ombragés. J’arrête m’acheter de la lotion solaire. Le long de la route, des gens nous questionnent pour savoir le pourquoi de notre périple. Nous leur répondons que nous marchons non seulement pour la jeunesse autochtone, mais aussi pour la jeunesse de la population en général; notre message en est un d’espoir et de persévérance.

Je marche avec Brigitte et Chantale. Nous nous arrêtons au quinzième kilomètre pour manger un peu. Je me contente d’un « mélange des randonneurs », un mélange de fruits séchés et de noix. Il fait très chaud… Ayant déjà souffert d’un coup de chaleur, je suis plus fragile aux récidives. Je dois donc prendre des dispositions pour éviter de surchauffer. Sébastien me donne un « ice bucket challenge », ce qui me rafraichit d’un coup et me permet de marcher au frais durant quelques kilomètres. Jean-Charles s’assure que nos gourdes d’eau sont toujours pleines et que personne ne manque de rien.

Je marche en discutant de course avec Maureen… et sommes soudainement dépassés par Cody qui passe à la course comme une flèche! C’est un sportif, notre Cody! Un jeune homme 24 ans qui surprend par sa belle maturité… un bel exemple de jeunesse!

La marche est difficile; il faut dire que cette expédition s’est déroulée en grande partie en rabaska sur la rivière. Donc, nous sommes beaucoup moins préparés à la marche cette fois-ci. Il n’est donc pas surprenant de constater les blessures aux pieds, les ampoules que nous avons. De plus, nous marchons 2 km de plus que prévu à l’horaire; nous nous sommes trompés de chemin! Nous avons hâte d’arriver au lac pour nous baigner… Il fait si chaud!

Nous arrivons enfin sur le terrain de baseball face au lac Doré où nous installerons le campement pour la nuit. Jean-Charles et Marc-André nous attendent avec des popsicles! Superbe idée!!….. Le lac Doré…..? « On arrive au lac… PU D’LAC! » Les pluies diluviales des derniers jours, les semences et les résidus de toutes sortes flottent et rendent non conforme à la baignade… Quelle déception! Les voisins du terrain de baseball nous laissent utiliser leur boyau d’arrosage pour nous rafraichir. On s’arrose les uns les autres, j’en profite pour me savonner comme plusieurs le font! Pendant que je donne une entrevue pour un journal local, le chef Galbrand est à ses chaudrons; nous souperons de hot dog européens, de trempette de légumes et de nachos et salsa.

Le terrain de baseball, parsemé de tentes, donne l’allure d’un champ de rêves! Une vision irréelle! Ma tente est installée derrière le troisième but. Ce soir, Simon de l’équipe de Radio-Canada nous offre une soirée cinéma; nous aurons la chance de visionner quelques documentaires qu’il a produits. Aussi, plusieurs d’entre nous doivent soigner leurs pieds; les ampoules sont nombreuses DUES au manque d’entrainement et d’habitude. C’est douloureux! Mais la douleur acceptée est plus facile à oublier…et c’est certainement cette idéologie qu’adoptaient nos ancêtres; ils n’auraient pu survivre autrement!

Un des plus magnifiques couchers de soleil que je n’ai jamais vu bénit notre journée!….Et je dédie cette journée à mes frères Cris avec qui nous serons à l’hiver 2016.