Après la journée de misère, une nuit à l’hôtel nous a fait le plus grand bien! Un peu de lavage, un bon déjeuner et nous sommes en route à nouveau. Ce matin, il fait beau. Nous traversons la Ville de New Liskeard…où il y a une énorme cote à monter!

Marc-André vient me chercher; nous devons y rejoindre Bélinda qui nous rapporte des chaussures oubliées à Timiskaming. Je me rends ensuite à l’école secondaire Timiskaming District; je rencontre une trentaine d’élèves autochtones dans une salle de la bibliothèque. Et je leur parle de l’importance de poursuivre nos rêves, de ne pas perdre espoir. Toujours en partageant mon expérience… en parlant du projet. Je mentionne aussi la prévention du suicide et des drogues; l’analogie de la « chaise aux quatre pattes inégales » est toujours à propos pour faire comprendre l’importance de prendre soin de sa santé physique, émotionnelle, mentale et spirituelle pour garder l’équilibre d’une vie saine.

Il y a un aspect que je ne mentionne pas assez; l’importance d’être connecté à la vie réelle, la réalité et non la vie virtuelle. L’internet est un outil fantastique, mais qui peut aussi en être un pernicieux causant une dépendance. L’utilisation excessive des réseaux sociaux est nocive; les pathologies mentales sont augmentées par la vie virtuelle. Il est important d’avoir un cercle social réel, des activités entre amis. La marche et le sport sont bénéfiques pour se reconnecter à ceux qui nous entourent. Une jeune étudiante, Kelly, vient me parler pour partager son rêve : elle veut devenir médecin orthopédiste ou oncologue. Je suis content! J’aurai besoin d’un orthopédiste autochtone un de ces jours! Nous parlons du cheminement à suivre… Je l’encourage fortement à persévérer! Pour elle, mon message a confirmé son choix de carrière!

Nous quittons pour nous rendre où j’ai laissé plus tôt. J’arrête à la pharmacie pour acheter des pansements. Notre calcul d’hier nous laissait penser que nous avions environ 55 kilomètres à couvrir aujourd’hui, alors qu’en fait, c’est 62 qui doivent être marchés!… Et je marche un bon bout… beaucoup de cotes et un bon vent de face. Je marche seul… les autres ayant pris de l’avance…. Après 30 kilomètres, je m’arrête pour de l’eau entre autres… La journée est LONGUE! Marc-André me retrouve; il me donne un Subway pour dîner. Jerry, Rob et Éric ont marché 50 kilomètres; ils s’arrêteront là, car ils ont très mal aux pieds! BRAVO les gars!!! C’EST FANTASTIQUE!! QUEL COURAGE!

Je continue seul… la nuit commence à tomber. La lune et les étoiles se pointent, on peut même voir une planète! J’alterne la course et la marche rapide… Je suis très fatigué et je titube sur le gravier. JE RÉUSSIS À BATTRE UN RECORD!! J’AI MARCHÉ 62 KILOMÈTRES EN UNE SEULE JOURNÉE!! Je rejoins mes acolytes; nous partageons des calzones faits avec de la banique pour souper! Nous nous préparons pour une nuit de repos bien méritée!

J’offre ma journée d’efforts au peuple inuit, chez qui nous marcherons en 2015, sur la route des ancêtres fréquentée par les Naskapis et les Inuits. Je dédie aussi cette journée spéciale à mon beau-frère Johnny, ma sœur Nadia et à mes neveux et à ma nièce : Tim, Tommy, Marie-Clarisse et Nathan.

…. Aujourd’hui, j’ai parcouru le plus long trajet en une seule journée… Tout un défi!…

On me demande : « As-tu peur des animaux sur le bord de la route? »

Je réponds : « Non! J’ai peur de l’animal à deux pattes qui a les mains sur un volant! »