Jour 1 - Un autre départ

Levés à 6h ce matin, nous nous préparons au départ. Après un bon déjeuner d’omelette ‘à la Maxime’ et de pain premier moisson, tout le monde est affairé à la préparation des bagages, du matériel dont nous aurons besoin. J’ai quelques rendez-vous avant pouvoir  prendre le départ. Je dois d’abord rencontrer RNC Télévision pour une entrevue qui sera télévisée.

Aussi, c’est avec un grand plaisir que je retrouve Suzie Basil qui est professeure à l’UQAT et une bonne amie à moi. Suzie est la première Atikamekw à obtenir un doctorat. Elle se spécialise entre autres en anthropologie culturelle, Peuples autochtones, femmes autochtones, enjeux environnementaux et autochtones. Elle fait partie du conseil d’administration de Puamun Meshkenu – Chemin des mille rêves – et fait partie de l’équipe responsable du volet éducatif, des demandes d’interventions éducatives.

Je me rends ensuite à l’école de Pikogan où je rencontre les élèves en deux groupes. Les « petits » ne me connaissent pas ou se souviennent très peu de mon dernier passage. Je leur parle d’avoir des rêves, d’être persévérant et courageux et je leur fais confier leurs rêves dans le bâton des mille rêves. Le deuxième groupe est des élèves qui, étant en quatrième, cinquième et sixième année, se souviennent de mon dernier passage en 2013. Ils se souviennent d’avoir confié leurs rêves au bâton. Isaac, que j’avais vu en première année et qui est en cinquième année maintenant, garde toujours en tête mon discours sur la persévérance, croire en nos rêves et ne jamais laisser tomber, ce qui me touche énormément. Avec eux, je renforcis donc le message afin qu’il reste présent et vivant dans leurs mémoires. Et nous nous préparons tous pour aller marcher tous ensemble. Le Chef Kistabish nous accompagne comme le font plusieurs qui se joindront à nous pour partir tout à l’heure.

À 10h30, nous prenons donc le départ pour 16 km de la journée. Avec moi, Chantale, Nick Mowatt, Édouard Kistabish, Nathalie Mowatt et sa fille Kimberly et quelques autres m’accompagnent vers Saint-Maurice. Je fais un bout de chemin avec chacun d’eux, question de jaser et de se connaître un peu. Il fait très froid, -20 avec un vent de l’Ouest qui rafale; heureusement, nous l’avons dans le dos. Nous arrivons à destination à 14h. Nous mangeons en discutant entre nous. Je parle avec Nathalie et on retrouve des similitudes dans nos vies; elle aussi a été élevée par sa grand-mère.

Nous partageons ensemble un bon souper cuisiné par Maxime. Au menu : soupe, saumon riz et légumes et chausson aux pommes. Le repas se déroule dans la bonne humeur et le rire! Nos Anishnabe ishkwe (femmes anishnabe) ont la fibre comédienne! Elles sont très drôles et nous font bien rire! Leurs rires sont contagieux!

Nous partageons sur nos points communs; la langue est un aspect dans lequel on retrouve des similitudes de par nos partages de territoires qui se chevauchaient dans le passé. Nos peuples ont chassé ensemble, combattu ensemble des ennemis communs. Anishnabes et Innus sommes frères; le langage de la forêt en est la preuve par similarités, nos cultures sont similaires. Tout ceci me rend fier de mes origines.

Nous terminons la journée par un cercle de partage. Le bâton des mille rêves sert de bâton de parole. Nous échangeons sur nos motivations, ce que nous avons vécu durant la journée. Nous sommes tous une même famille. Gaétane Petiquay précise que nous sommes tous nesshin (petit frère, petite sœur) que certains peuvent être neshtesh (grand frère) ou ninish (grande sœur) qui doit protéger mutuellement en situation de besoin. On s’entraidera comme on le fait en famille. Ainsi s’établissent les règles de vie de périple vers Waswanipi.

Je dédie tous nos pas et toute notre énergie au peuple anishnabe et en particulier à la communauté de Lac-Simon, nos frères et sœurs qui sont éprouvés et dont la vie est pleine de défis. Je vous souhaite la paix et la sérénité.