Jour 0 - La veille...

J’ai quitté Montréal ce matin; je me rends à Val-d’Or pour rejoindre l’équipe de marcheurs du prochain périple Innu Meshkenu. Il fait beau…Le ciel est  clair et bleu. Tout en bas, un territoire que je reconnais, le parc de LaVérendrye. J’aperçois la route 117, cette même route que nous avons suivie lors de la marche d’hiver de 2013 vers Rapid Lake… Les souvenirs surgissent, les lacs sur lesquels on a marché… Je me souviens aussi de ceux qui y étaient : le maire Corbeil que je salue; Janet Mark, Peggy Jerome, Gaétane Petiquay, Édith Cloutier, Frédérique Gardien. Je pense aussi aux marcheurs de Pikogan : Bruno Kistabish, Shamo, Chantale et Édouard Kistabish, les femmes de Lac-Simon Tout ce beau monde se bouscule dans mes souvenirs.

Val d’Or… Comment y venir sans avoir une pensée pour toutes ces femmes autochtones qui y ont vécu tant de violence qui marque à vie et qui se transmet trop souvent aussi d’une génération à l’autre. Je souhaite de tout cœur que la commission mise en place par le gouvernement arrive à des recommandations qui aboutiront à des changements et à des améliorations du sort des femmes, et par le fait même, des enfants qui sont souvent les victimes collatérales de cette violence. Ils doivent grandir dans un environnement favorable au développement sur tous les aspects et à l’épanouissement des jeunes. Ils sont nos leaders de demain.

Maxime est là, il vient me chercher pour m’amener à St-Maurice, tout près d’Amos où Mathieu Gravel, le coordonnateur du projet et Diane Moreau, qui agit cette fois en tant que logisticienne pour cette marche, m’accueillent.  Nous parlons ensuite de logistique, du tracé du chemin à couvrir, de l’organisation en général. Nous suivrons les routes secondaires, moins dangereuses et moins achalandées. Diane sera notre ange gardien; elle assurera la sécurité et le confort des marcheurs.

Je me rends ensuite au Centre de la santé de Pikogan. Là, je suis accueilli par les deux infirmières, Jessica Petiquay de Wemotaci et Sandy Robertson Duchesne originaire de Mashteuiatsh. Ensemble, nous discutons nutrition, de saines habitudes de vie et de croire à ses rêves, des enjeux qui sont en fait la mission d’Innu Meshkenu. Je les informe aussi que le projet tire à sa fin et qu’une toute nouvelle organisation, un OBNL appelé « Puamun Meshkenu » ou le Chemin des mille rêves qui a pour but de poursuivre la mission d’Innu Meshkenu, a pris son envol l’automne dernier. Le premier conseil d’administration a d’ailleurs eu lieu à Montréal. Ce conseil est formé de 5 autochtones et 4 non autochtones. Une des places du conseil est réservée pour un jeune autochtone. Cette année, Sabrina Godbout dite «La Wendat» fera donc partie du conseil. Un des projets est de développer le « Challenge Dr.Vollant » en tant que marche annuelle, qui serait tenue dans les communautés et organisée par les communautés. Pour réaliser ce rêve, chaque communauté aura besoin de champions, des personnes qui seront les porteurs de ce projet.

On se rend ensuite au centre communautaire où nous sommes reçus par le Chef David Kistabish ainsi qu’une trentaine de personnes,  dont plusieurs que j’ai déjà rencontrées par le passé et des marcheurs de cette étape. Nous avons présenté le film « De Kuujjuaq à Compostelle », produit par Nova Films. C’était mon deuxième visionnement, mais tout aussi émouvant pour moi que la première fois! Que de souvenirs! Entendre les commentaires Guy Bacon, Gaétane Petiquay, Lalik Fontaine, Sonny Moar et les autres me touche profondément. J’ai hâte que ce film soit partagé au printemps prochain avec toute la population du Québec afin de promouvoir une meilleure compréhension interculturelle.

Le trajet pour  demain est de 16 km. Les marcheurs seront à la ligne de départ tôt demain; Gaétane Petiquay, qui a plus de mille kilomètres de marchés, Nick Mowatt (le fils de Shamo), Nathalie Mowatt et Kiberly, sa fille, seront de la partie. Comme nous marcherons en territoires Anishnabe et Cri, nous espérons avoir des nouvelles de la communauté Crie. Nous aimerions beaucoup que des membres de cette communauté se joignent à nous pour la route.