Jour 18 - Belle surprise à Rockland

J’ai passé la nuit dans le confort de la résidence de ma cousine Line, comme plusieurs autres de mes comparses d’ailleurs. Nous avons passé une belle soirée à parler, à partager. Ma nièce Marie-Ève m’a dit vouloir devenir chirurgienne, ce qui me fait un énorme plaisir! J’entends bien l’accompagner dans sa démarche et l’aider si je peux le faire.

Ce matin, après déjeuner, Line m’a reconduit à l’école Carrefour Jeunesse de Rockland, une école franco-ontarienne. J’étais accompagnée de Jean-Charles, Karine et Marc-André alors que Roger a commencé seul le trajet d’aujourd’hui. J’ai été témoin d’une chose que je n’avais pas vue depuis longtemps : le matin à l’école Carrefour Jeunesse, on chante l’hymne national que l’on écoute avec respect et dignité! Tout le monde debout, à l’écoute de l’hymne chanté en français… J’étais impressionné!!! En y pensant bien, c’est un moyen efficace pour développer le sentiment d’appartenance, voir de patriotisme… et l’on pourrait le faire avec n’importe quel hymne dans n’importe quel endroit, province…. ou dans une école autochtone ou autre ! Partager un moment de déférence en « communauté » vers un objectif commun! Comme un cercle de partage… national! Oui! Il y a quelque chose de bon là-dedans!

Je rencontre des 5es et des 6es années formidablement bien préparées à ma visite! La directrice fait un appel à tous sur le télévox pour annoncer notre venue. Quelle belle rencontre! Les élèves sont curieux et à l’affût! Avec l’aide de leurs enseignants qui avaient fait faire des lectures, les jeunes avaient préparé des questions….. Beaucoup de questions!… On veut TOUT, TOUT savoir de moi! Mon enfance, ma vie, mes voyages… mon projet Innu Meshkenu… j’ai même eu des questions sur l’opération que j’ai subie il y a quelques semaines! Ils avaient fabriqué un capteur de rêve sur lequel ils sont allés accrocher des rubans représentant leurs rêves! Ils sont captivés et j’ai toute leur attention! Ils me parlent de leur rêve… Ils veulent devenir infirmière, enseignant, médecin, pompier, policier, commentateur sportif, astronaute, paléontologue, agent d’athlète même!! Et j’en passe! Ils ont des flammes dans les yeux! Certains d’entre eux ont 3 ou 4 rêves! D’autres veulent faire le tour du monde et rendre les gens heureux! Cette visite est extrêmement énergisante par son dynamisme et son effervescence! Et vient l’heure de les quitter… On m’accompagne jusqu’à la sortie… On me tape dans la main, on me salue sans fin! Mes sincères remerciements et mes félicitations à Mme. Monia Gaudreault et M. Sylvain pour cette visite préparée en main de maitre! Vous savez recevoir, gens de l’école Carrefour Jeunesse de Rockland! J’espère que vous vous souviendrez de moi comme je me souviendrai longtemps de vous!

Je repars plein d’énergie….. Je marche le plateau de l’Est ontarien. Je marche seul et le cafard m’atteint; je pense à mes comparses des deux dernières semaines… je m’ennuie d’eux… toutes ces personnes qui ont partagé mon quotidien nomade… Et soudain, en regardant le sol, j’aperçois….. Rachelle, Diane, Antony, Martin……. le nom de tous ces gens auxquels je pense qui défilaient écrits en bordure de la route! Roger a écrit le nom de tous ceux que l’on a côtoyés… tous les pagayeurs qui ont descendu la rivière des Outaouais! Incroyable… et tellement émouvant! Ne reste que moi et Roger… Les autres ont dû retourner à leurs occupations… partis en amenant les outardes que je n’ai pas revues….. Nous pensons à vous si fort!! Je m’ennuie de la rivière… de son mouvement…

Je dédie ma journée aux Franco-ontariens, aux jeunes de Rockland… Aussi, je dédie cette journée aux enseignants, qui sont là pour apporter le rêve aux enfants et leur donner les outils pour le développer, le réaliser. Je dédie la journée au peuple wendat que j’ai visité en 2011 et avec qui j’ai grandi.

En passant à Clarence Creek et à Bourget, je ne peux m’empêcher de me rappeler tous les gens avec qui j’ai travaillé à l’hôpital Montfort. Je leur envoie mes salutations.

Je termine mes 25 kilomètres quotidiens au camping Paradis où je retrouve Marc-André et Roger m’attendent. Nous montons la tente « prospecteur » et nous installons pour la nuit.