Jour 13 - IAA Meshkenu!

« Montage du camp » – Gracieuseté d’Éric Petiquay

Nous empruntons donc les sentiers de motoneiges la neige tapée est quand même molle, ce qui rend la marche ardue… sans compter les bonnes montées qui nous font forcer. À 12.5 km, nous nous arrêtons pour manger avec Éric Petiquay et Mario… Je suis déjà vidé! Nous mangeons donc sur le bord de la route… et nous continuons. À 17.5 km, nous trouvons la route longue, très longue!… À 22.5 km, et plus on avance, et moins ça finit! Je pense à mes enfants… mes filles Sophie et Chloé… à Xavier, mon petit garçon… Je vous envoie, à tous les trois, plein d’énergie positive pour grandir sainement et pour, qu’un jour, on puisse être réunis de nouveau! J’espère que les prières que je fais, vous les sentez et vous les vivez!

Plus tôt, juste avant de quitter pour prendre les pistes, je me suis arrêté au dépanneur sur le bord de la route et j’y ai vu le journal; la page titre affiche le décès d’un policier à Kuujjuaq et la mort atroce d’un jeune du Lac-Simon, ivre…. ce qui me démoralise et m’attriste énormément. J’aimerais offrir mes sympathies, et mes pensées vont vers le Corps policier et la famille de ce policier, et aussi à la famille de ce jeune. Les problèmes sociaux sont légions dans nos communautés… Et je réalise que notre marche a justement pour but d’aider les nôtres à ne pas tomber dans les pièges de la consommation illicite qui mène à une panoplie de problèmes sociaux auxquels nous sommes trop souvent confronter. Cette marche sert à insuffler l’autonomisation collective autant qu’individuelle, à aider nos gens à reprendre leur volonté d’agir, l’empowerment! Ainsi seulement, pourrons-nous nous donner les outils pour nous attaquer à la racine des problèmes, à interpréter ses tragédies et en faire des exemples à ne pas suivre.

J’arrive finalement à 16 h 30… il était temps! La journée a été longue, difficile et pénible! La moitié des marcheurs ont dû abandonner…. Ceux qui sont blessés…. où pas suffisamment entrainés… C’était difficile même pour les habitués.

Nous monterons le camp sur un marais gelé… Nous soupons de spaghetti et nous mangerons ce qui reste du fromage « la Cabriole »… Nous devrons encourager les troupes ce soir; il y a beaucoup d’appréhension face à demain. Nous devrons discuter avec les logisticiens à savoir ce que nous ferons des traîneaux demain…. Nous devons penser à donner le plus de chances possible aux marcheurs pour leur permettre une victoire sur la difficile journée de demain! ….. Et je tiens à mentionner que cette marche devrait s’appeler….Innu-Anishinabe-Attikamek Meshkenu!