J’ai partagé la tente de l’ainé… et il se lève très tôt! Donc, à 5 heures nous étions prêts à déjeuner de gruau et de café. Je dois mentionner que, comme demandé la veille, le camp Ulric Ottawa était prêt à notre arrivée. Des membres de la communauté de Manawan avaient répondu à mon appel et nous avaient devancés à notre destination. Ainsi donc, on nous avait aussi amené les chips, chocolats et banique demandés! Je suis enchanté de la magie de l’Internet, mais plus encore de voir que plusieurs suivent nos péripéties et sont à notre écoute! KITCI MIKWETC À TOUS!!

J’avais la veille averti tout le monde qu’on se devait d’être à l’heure et respecter l’horaire. Je devais être très stricte sur ce sujet pour respecter les délais. La cantine fermerait à 7 h : 15, au détriment des retardataires. C’est donc pourquoi plusieurs n’ont pas déjeuné ce matin ayant manqué les heures d’ouverture de la cuisine. C’est dommage, mais, au nombre que nous sommes, je me dois de respecter et d’appliquer le code de vie pour le bon déroulement des choses.

À 8 h, nous sommes tous être prêt à partir. Je pars une demi-heure après tous les autres, question de m’assurer que rien n’est laissé derrière. La température est idéale pour la glisse de nos traineaux. Le ciel est bleu et il fait très froid. Notre route aujourd’hui est longue de 24 kilomètres et Réginald ferme la marche. Nous dormirons ce soir au camp Jo Ottawa. Le chemin est tapé, ce qui nous permet de marcher sans raquettes. Le chemin est jalonné de côtes. Le paysage est incroyablement beau qui donnent envie d’avancer toujours plus loin!

Pendant le trajet, je joue différents rôles : partisan, accompagnant, et bien entendu, docteur! J’encourage tous ceux que je rencontre, je soigne les douleurs et j’aide plusieurs avec leur traineau. Je me dis que l’énergie que je donne aux autres aujourd’hui me sera rendue demain. On peut compter en heures la fin de notre aventure. Demain, nous serons avec vous!

Pendant que j’avance, je réfléchis… Je suis heureux de voir les autres contents et réussir leur but et que ma plus grande victoire est en fait l’ensemble des petites victoires! Somme toute, la plus grande victoire de chacun est bien de s’être vaincu lui-même. À bien y penser, l’homme ne serait-il pas son plus grand obstacle?

Les marcheurs commencent à arriver au camp Joe Ottawa où nous attendent des gens de Manawan, d’Opitciwan, de Wemotaci ainsi que le chef Paul-Émile Ottawa. Aussi, mon message a encore passé, car on nous a apporté des quantités de chips, chocolats, de banique et de délicieux beignets atikamekws! Kitci Mikwetc!! Tout est très apprécié!

En soirée, nous nous rencontrons tous, on se félicite, tous très fiers de la route parcourue jusqu’à ce jour! Seulement 24 kilomètres nous séparent de Manawan! La route restante est moins escarpée. Je dois faire un allez-retour vers Manawan, question de m’approprier la route à faire demain. Je devrai faire la route seul, car j’ai rendez-vous avec les jeunes des écoles de la communauté de Manawan durant la journée! J’entreprends donc l’aller en motoneige accompagné de Gaétan Awashish vers Manawan et pour retourner au camp accompagné de Terry Flamand. Après examen, je réalise que nous avons 22 kilomètres pour rejoindre le camp de Gilles Moar, où l’on doit se donner tous rendez-vous avant de terminer la route vers Manawan.

Je reviens et prends mon repas : un spaghetti à la sauce d’orignal. Je prépare ensuite mon traineau pour le lendemain, je partirai tôt et… seul! Je dois me reposer. Je me retire donc dans la tente de l’ainé.