Et c’est reparti! Levé à 6 heures, préparation de notre bagage et direction salle communautaire de Kitigan Zibi pour un déjeuner public offert, encore une fois, par la communauté de Kitigan Zibi. Je dois mentionner que tous les repas pendant notre séjour faisaient partie de la généreuse contribution de cette communauté. Il est donc impératif pour moi de reconnaitre cette grande générosité! Du fond du cœur, MIGWECH… KICHI MIGWECH!! Nous avons été reçus comme des rois!

Nous sommes quelque peu en retard; pour le déjeuner, un transport faisait la navette entre le centre communautaire et l’hôtel. Une fois prêts pour le départ, un ainé anishinabe qui fait la prière et qui brûle de la sauge, et nous partons sous les chants et les tambours battants pour un 25 kilomètres en direction de Rapid Lake. Le chef Gilbert Whiteduck et Pauline Fortin, adjointe à la directrice de santé publique de l’Outaouais, assistent à notre départ.

Il fait froid aujourd’hui…-9 Celsius avec un facteur-vent de -18…. Un vent qui nous gifle le visage! Une trentaine de marcheurs de la communauté algonquine nous accompagne sur une distance de 5 kilomètres à travers les rues de Maniwaki. Et nous prenons le chemin Maniwaki/Mont-Cerf que nous empruntons sur une distance d’une vingtaine de Kilomètres. Nous sommes accompagnés par Mme. Catherine Amarantini, que j’avais déjà rencontrée à Natashquan il y a deux ans, et Mme. Rachelle Langevin qui nous accompagne aussi.

De nouvelles Kokoms nous accompagnent : Gaétane Petiquay, directrice de l’éducation à Wemotaci. Elle est grand-mère d’un tout nouveau petit-fils né prématurément et qui prend du mieux à St-Justine et de qui elle est fière. Nous lui dédions d’ailleurs l’énergie de nos pas pour une croissance en santé! Il y a Huguette, une de nos marcheuses, qui est grand-mère d’un petit-fils né à hier à La Tuque! Nous marchons maintenant avec 3 kokoms très heureuses!

En chemin, Raphael Bédard et Émilie Lemay, les propriétaires de la fromagerie La Cabriole, qui nous offrent gracieusement un échantillonnage de leurs fromages qui sont déjà réputés par leur excellence! Merci beaucoup à vous! Nous les dégusterons lors de notre arrêt.

Les premiers marcheurs arrivent la l’école de Mont-Cerf vers 15 heures, où nous installerons pour la nuit. Nous dormirons tous dans le gymnase. Les nouvelles kokoms sont les dernières à arrivées; Huguette a mal aux pieds, elle étrenne de nouvelles bottes! On les applaudit pour les encourager. Nous les taquinons en leur disant que le poids d’être kokom a rendu leur marche plus ardue!

Nous sommes accueillis par les personnes suivantes : Doreen Paul, Denis St-Jacques, Nicole Buckshot, Jocelyne Grenier ainsi que Hugo, le fils de Doreen, et la fille de Hugo et sa fille, Coralie! Ils nous ont préparé un festin de pâtés à la viande, de truite grise, de porc frais, de riz et de patates, de banique et beaucoup, beaucoup de desserts!! GRANDS MERCIS à ces personnes et à la communauté de Mont-Cerf!

Et on se prépare pour dormir… Avant toutefois, nous nous réunissons pour réitérer les principes de la famille, de l’union, de l’entraide. Je me rends compte que la discipline spartiate, à laquelle nous sommes assujettis durant les parcours en forêt, subit un relâchement considérable lorsque nous arrivons en ville… Comme si la « douceur » de la vie citadine nous enlevait notre pouvoir de résilience! Nous devenons plus forts confronté la rigueur des éléments qu’aux douceurs de la vie! Aussitôt que l’on aperçoit une cabane, un chalet, le relâchement est évident! C’est pourquoi nous devons remettre en perspective qu’il est impossible de réussir notre mission sans considérer le mot d’ordre : MAMU! Retrouver la dureté du sol, le lit de branchages et dormir connecté avec la terre mère est beaucoup plus énergisant, fourni plus de pouvoir et de détermination que de dormir dans la douceur du matelas!

La forêt nous amène un pouvoir de socialisation authentique… un temps unique pour partager et se reconnaître véritablement les uns, les autres… un temps que l’on ne prend pas en ville et qui est primordial pour la survie. Je parle aux marcheurs; je leur dis qu’il faut s’assurer du confort de notre prochain avant de pouvoir se reposer. C’est comme cela que nous pouvons réussir, c’est le principe de vie de nos ancêtres… MAMUITUN! Vivre et bâtir ensemble! Mamuitun…. pour pouvoir avancer… pour ALLER PLUS LOIN!