Nous avons dormi à la Pourvoirie Haltaparche. J’aurais bien dormi un peu plus, mais, étant donné que je dormais avec les jeunes dans la cuisine, nous avons été réveillés par des lève-tôts en quête de café! Il faut bien se rendre à l’évidence; vivre en communauté implique qu’il faut s’apprivoiser! Après un bon déjeuner traditionnel de bucheron, d’œufs, de viande, de « bines » et de banique. Nous nous préparons pour notre journée de 16 kilomètres par notre prière quotidienne. Jean-Charles, mon « roadrunner » officiel, mentionne que j’ai passé hier le cap des 2,000 kilomètres de marche du projet Innu Meshkenu! Incroyable! Je suis heureux et fier!

Nous entreprenons la marche. Certains marcheurs commencent à souffrir plus que les autres, c’est le cas de Béatrice que j’ai dû mettre en congé pour deux jours. Je lui attribue un autre titre : « cook » en chef et hôtesse! Avec son rire contagieux, Béatrice remplira son nouveau rôle à la perfection.

Il fait froid et, pour un moment, le ciel est bleu… mais pas pour longtemps. Les nuages s’amènent et la neige se met à tomber. Nous arrivons à la côte 146, une côte qui me met à l’épreuve mes jambes déjà douloureuses. J’imagine la douleur des autres. Notre persévérance et notre force de caractère nous donnent l’énergie et le cran pour la vaincre.

Une formidable surprise nous attend lors de notre arrivée au camp Yves Petiquay. Un groupe de Wemotaci est venu nous accueillir! Ils ont donné un bon coup de main avec le montage du camp. Résultat : nous arrivons à un camp entièrement monté, avec des chalets et des tentes chauffées. De plus, mon vœu d’hier a été exaucé : on nous a apporté du chocolat, des chips et de la BANIQUE en quantité étonnante! Je ne croyais pas que ça irait si vite! C’est FORMIDABLE, L’ENTRAIDE! Le courrier-motoneige nous apporte des lettres du chef de Wemotaci et des gens de la communauté, des lettres pleines d’énergie et d’encouragement et nous souhaitant la bienvenue en terre ancestrale atikamekw! MIKWETC à tout un chacun de vous de Wemotaci! Nous avons très hâte de vous voir.

Nous partageons tous ensemble un repas quasi-festin : doré, orignal, légumes, banique à profusion, beignet atikamekw. L’ambiance est amicale et festive. Il ne reste que 40 kilomètres pour atteindre Wemotaci. Se savoir attendu nous réchauffe le cœur.

J’ai le grand honneur de partager ce soir, avec Éric et Mathieu Robert, la tente de l’ainé William Awashish, où le feu crépite et le sapinage sent bon… Et je bascule dans un sommeil lourd de fatigue.