Jour 7 - Discussion médicale, banique et … BBQ!

Hier, à la tombée de la nuit, Jean-Charles et moi avons pris quelques moments pour faire le bilan de la marche jusqu’ici… mais le ciel étoilé a volé la vedette!! Un ciel, sans un seul nuage!! Un ciel qui donne le goût de coucher dehors!… Ce qu’en fait j’aurais dû faire, car, sous la tente, la nuit n’a pas été très bonne! J’ai très mal dans le cou et, ayant un souci d’être bien positionné, je me réveille à chaque changement de position! Je devrai chercher un meilleur oreiller et un matelas plus confortable, ou même, passer la nuit à l’hôtel, pour prendre un peu de mieux. Aussi, des chiens jappaient tout près du campement… Sans arrêt! Et, j’ai beaucoup rêvé! Imaginez-vous que j’ai été en chirurgie toute la nuit!! J’opérais deux marcheurs! Vraiment loufoque! Sans doute la déformation professionnelle qui fait son œuvre! Donc, en conclusion, ce fut une nuit plus qu’ordinaire.

J’avoue que, lorsque 6 heures ont sonné, j’étais plus que content! J’avais hâte que cette nuit prenne fin. Le café est bien venu, les toasts sur le BBQ sont délectables. Nous nous préparons ensuite et nous rendons à l’école primaire Amikobi car plus de 300 enfants se joindront à nous pour marcher un petit bout de trajet. Un vrai festival pour eux! Ils courent partout, veulent tous marcher avec le bâton! Une centaine de jeunes de l’école secondaire Amik-Wiche se joignent à nous également. Après quelques kilomètres, les jeunes nous quittent pour retourner vers leurs écoles respectives tandis que nous rejoignons la route 117. Un groupe d’étudiants et leur professeur de plein air nous accompagnent pour un vingt kilomètres.

De nouveaux marcheurs se sont ajoutés au groupe. Je fais une bonne partie du trajet en compagnie de Karen, nutritionniste à lac Simon, et Annie, infirmière au même endroit. Toutes deux passionnées par leurs métiers, nous discutons sur la santé, les enfants, par ce qu’elles font et ont réalisé par exemple, habituer la communauté à faire de la banique avec de la farine de blé entier! Car, vous savez, la banique est un aliment traditionnel chez les autochtones d’est en ouest comme du nord au sud du continent. Mais saviez-vous que ça ne fait pas plus de trois cent ans? En fait, la banique nous vient des marins écossais de la Compagnie de la Baie d’Hudson; son nom vient de « banok », un mot celte. Ce pain était fait à bord des bateaux. Lors des échanges de peaux d’animaux avec les autochtones, les Écossais échangeaient de la farine… et ont refilé la recette de « banique »! Le problème de la banique réside dans le fait que la farine blanche contient des carbohydrates sans fibres et sans protéines; ce qui n’est pas bon pour le diabète, un fléau pour nous. … C’est pourquoi la banique serait meilleure pour la santé si elle était faite avec de la farine de blé qui diminue l’absorption du sucre et qui améliore la fonction digestive. J’ai soudain une idée loufoque, mais qui donne à réfléchir : nous avons la peau brune, la banique brune est meilleure pour nous! Tout ce qui est blanc n’est pas bon pour nous : la farine, le sucre… et la drogue! Ce qui fait sourire mes deux marcheuses! Je salue tous ceux rencontrés sur le chemin!

Jean-Charles arrive pour m’amener à l’école le Transit de Val-d’Or où je dois donner une conférence. Environ une quarantaine d’étudiants de toutes les communautés. Je partage avec eux mon expérience, l’histoire d’Innu Meshkenu. Je vois dans leurs yeux un intérêtt immanquable qui me dit qu’ils ont besoin d’entendre ces mots : « n’abandonnez pas! Croyez en vos rêves! Ne laissez personne vous décourager! » Et je dois retourner à la marche, content du résultat de ma visite!

Il fait chaud… même très chaud pour marcher. Nous avons marché 29 kilomètres. Ils sont exténués, déshydratés! L’un d’eux est victime d’un choc vagal! Je m’occupe de lui et veille à ce que tout soit fait pour se remettre. Plusieurs blessures aux pieds, maux de jambes.

Ce soir, nous avons un BBQ pour notre souper. Un groupe d’enfants de Lac-Simon sont venus nous aider à faire le souper! Merci à vous pour votre bonne humeur.

Pour la marche demain, nous serons accompagnés de la ministre Élizabeth Larouche et du Dr Réal Lacombe, directeur de la santé publique de la région.

Pour finir, je dédie ma journée au peuple de Wendate; une pensée spéciale à ma tante, Anne-Marie Vollant, je t’envoie du courage, de l’amour et de l’énergie! Je pense aussi à mes cousins, Thanissa et Akienda Lainé que je considère comme mon frère et ma sœur. Je pense à vous, je prie pour votre santé et bien-être…. Un clin d’œil au Chef Sioui!