Ce matin, nous nous sommes gentiment fait réveiller par Guy à 6 h qui venait vérifier si nous dormions. Nous avons fait nos sacs et nous avons préparé nos pieds. À 6 h 30, William Awashish est venu nous offrir du café. J’en ai profité pour prendre des photos du magnifique paysage. Nous avons déjeuné et à 7 h 10, nous partions du kilomètre 147,2. Avec nous : William et Claudia Awashish, Yvette Chachai, Jasmin Flamand, Nathalie Awashish, Marcel Saganash, Guerthé Chachai et sa fille, Sabrina et Kellya. Il y avait beaucoup de moustiques, mais les paysages étaient magnifiques. Nous avons entre autres discuté avec William Awashish des pensionnats et de l’enlèvement des enfants attikameks par des missionnaires et les agents des Affaires indiennes. Les enfants partaient pour dix mois chaque année et cela a laissé des blessures profondes dans les familles et la communauté. Cette conversation m’a beaucoup touché. Au kilomètre 158, plus de deux cents jeunes du secondaire nous attendaient, dont Ken Awashish et Allen Cleary, Andrew et Marty. On pouvait sentir l’effervescence et les jeunes semblaient excités. Cinq kilomètres plus loin, une centaine d’élèves du primaire et soixante jeunes enfants du CPE nous attendaient avec des banderoles ainsi que plusieurs membres de la communauté. Nous sommes entrés dans la communauté d’ tels des héros. J’étais content pour Guy et Jennika ainsi que pour les Attikameks. Le chef Christian Awashish, nouvellement assermenté, nous a rejoints. Au même moment, quatre aigles nous survolaient. En arrivant à , on peut découvrir le paysage du réservoir Gouin. Ces paysages ne peuvent que rappeler l’histoire de la communauté qui a dû déménager à plusieurs reprises à cause des inondations, comme en 1920. Saviez-vous que le nom  veut dire « l’eau qui monte »? Voir tous ces enfants et ces adultes qui marchent vers nous et avec nous dans un contexte difficile où il y a eu trois suicides récents dans la communauté envoie un message d’espoir. À l’école secondaire, nous avons d’ailleurs lancé des ballons dans le ciel en signe d’espoir. Puis, nous nous sommes dirigés vers le gymnase où j’ai fait une allocution sur le projet, mais aussi sur l’importance de rêver et de tout faire pour réaliser ses rêves. Il faut avance un pas à la fois, comme je l’ai fait lors de cette marche. La vie est un cadeau et il faut la célébrer et il y a toujours des jours meilleurs qui suivent les moins bons. Je crois que l’audience était émue. Par la suite, nous avons reçu des cadeaux, dont des plumes d’aigle. Pour Guy et Jennika, ces cadeaux symbolisaient la persévérance. Nous avons pris une douche bien méritée au Centre de santé pour enlever quatre jours de poussière. Je ne vous raconte pas l’état de mes cheveux qui se comparaient à de la laine d’acier. J’ai aussi pu me raser. Enfin! Puis, Syriac Awashish nous a amenés jusqu’à Roberval. En chemin, nous avons réalisé toute la route que nous avions parcourue. Chaque kilomètre avait une histoire et nous avons tous conclu que rien n’est impossible à celui qui le veut vraiment. J’ai déposé Guy et Jennika à Chicoutimi et plusieurs membres de la communauté de Pessamit nous attendaient, dont quelques membres de nos familles. Ce fut une belle surprise.  Je suis parti à 19 h 30 vers Québec pour passer la nuit chez des amis. Je partirai mardi matin pour Montréal. C’est ce qui termine une longue marche de 680 kilomètres. À la prochaine!