Nous avons bien dormi; levé à 6 h, j’allume le feu. Une routine s’établit… du moins, le matin! Ce matin toutefois, nous déjeunons tous dans l’un des chalets de la pourvoirie Mekoos, un déjeuner copieux; œufs, jambons, gruau, toasts…. tout ce qu’il faut pour faire face à une grande aventure! Je tiens ensuite la clinique de pieds qui devient de plus en plus populaire… tendinite, ampoules, douleurs de toutes sortes. Je prescris Tylénol, Ibuprophène et TLC… Tender loving Care!

Notre équipement est fin prêt et nous partons tous. La température est douce, -3 à -1. Aujourd’hui, nous marchons 20.5 km sur un faux plat descendant, ce qui facilite la route. Nous avançons gaiement… Marc-André et les autres logisticiens disent que c’est le plus grand groupe d’expédition qu’ils ont vu jusqu’à maintenant! Je marche avec des jeunes de Wemotaci : Megan, Ambroise, Kimberley Pettiquay… Nous avons beaucoup parlé; je les motive à persister, à persévérer jusqu’à la fin. Je leur explique l’atelier « des petits pas », l’importance de se visualiser, d’oublier sa douleur et de l’apprivoiser. Je leur mentionne que ces méthodes sont applicables à l’école aussi.

Durant la journée, je m’arrête au camp Mekoos pour les remercier de leur générosité. Nous arrivons vers 15 h. Ce soir, notre campement est en pleine autonomie. Nous avons un gros campement à monter; au total 12 tentes avec tente-cuisine. Les conditions sont toutefois difficiles. La neige est mouilleuse… Les tentes sont détrempées! Nous avons à peine assez de bois pour tout le monde; le bois est mouillé, ce qui rend le foyer difficile à allumer. Dans notre tente, la fumée sort de tout côté. Devrons-nous dormir dans la fumée?? On finit par venir à bout de la fumée et le feu est enfin parti, mais nous allons devoir nous relayer toute la nuit pour ne pas le perdre! Sinon, la fumée pourrait bien nous envahir à nouveau.

De plus, l’atmosphère n’est pas à son meilleur. On est facilement irritable… La fatigue gagne du terrain et mine l’esprit de famille. Des frictions apparaissent parmi les marcheurs. Nous devons faire un cercle de partage; j’explique à tous que l’entraide et le respect de l’autre sont primordiaux en ce moment. MAMU… autrement, ça casse! Même dans les conditions présentes, il faut faire fi de nos différences, il faut agir comme une famille et dans le respect de l’autre.

Les cuisinières nous ont fait de la banique et nous soupons de truites grises du lac Mazana, de riz et de légumes.

Depuis la deuxième journée, durant laquelle nous avions donné un répit de traîneaux plusieurs ont cessé de le tirer le leur. Je demande à tous, pour le symbole et le respect de nos ancêtres, ont se doit de traîner nos traîneaux même s’ils sont vides. Nos ancêtres n’avaient aucun choix, ils devaient tirer le TOUT POUR SURVIVRE! Pour que quand les gens nous voient marcher, ils puissent voir des autochtones qui se tiennent debout, fiers de la force et du caractère de leurs ancêtres! Il faut se souvenir que nous sommes en expédition et non en marche du dimanche. « Ne jamais prendre le chemin facile de la vie » (Never take the free ride in your own life)!

Demain, destination Ferme-Neuve! Priorité cruciale en y arrivant : SE FAIRE SÉCHER!

Nous sommes maintenant en territoire anishinabe! Nous avons nommé notre campement Kitigan Zibi East! Si vous nous apercevez sur la route, KLAXONNEZ!

P. S : Angela va bien! Elle a fini sa journée de marche la dernière avec le sourire, et Stanley dit que « les derniers seront les premiers! »