Jour 15 - La fin du périple

Ce matin, nous nous préparons à quitter Waswanipi ; en route pour vers Mistissini ! La route est belle et parsemée de perdrix ! Il y a longtemps que j’en avais vu autant ; on aurait pu les attraper à mains nues. Quel bon repas on aurait pu en faire, avoir eu le temps ! Un petit arrêt à Chibougamau et nous reprenons la route vers notre destination que nous atteignons une heure et demie plus tard.

Nous nous rendons à l’école primaire Voyageur. Cette école est nommée en honneur d’une famille décédée dans un accident de canot. À noter que c’est une école qui accueille plus de 500 élèves ; un grand nombre d’enfants habitent le village. Nous rencontrons un des membres de la direction, M. Richard. Quatre rencontres sont prévues, dans les deux langues. On nous amène au gymnase où se tiendront les présentations. L’endroit est en tous points identiques à plusieurs autres gymnases dans les communautés, dont celle où j’ai grandi, Pessamit. Un plan d’architecte avait sûrement été commandé pour toutes les communautés.

On sent une grande énergie, une effervescence bouillonnante, remplit le gymnase à l’arrivée de chaque groupe. Les présentations en grand groupe exigent énormément de contrôle de ma part — main de fer dans un gant de velours, car autrement, on s’y perd rapidement ! Une fois que j’ai réussi à capter l’attention des petits, tout se déroule comme prévu. Les enfants aiment les histoires ; je leur raconte la mienne, je leur montre mon traîneau, je relate l’histoire du bâton des mille rêves. D’ailleurs, en raison du grand nombre d’élèves par groupe, la cérémonie du partage de rêves doit être revue. Trop de petites mains pour le bâton ! Mathieu a toutefois une idée aussi soudaine qu’ingénieuse ; chacun des enfants va tenir la main de son voisin et créer ainsi quelques chaînes d’élèves. Les enfants au bout de chaque chaîne vont apposer une main sur le bâton. On crée ainsi la « chaîne des rêves » ! Quelle idée !!

Nick participe activement aux présentations. C’est lui qui présente le bâton des mille rêves aux trois groupes. Il affiche une assurance certaine ; il croit sincèrement à son discours. Quelle assurance il a développée durant son périple ! J’espère qu’il conservera cette expérience dans son cœur et son âme et qu’il saura y puiser l’énergie nécessaire en cas de besoin.

Le groupe de 4e, 5e et 6e années m’offrent un goûter : un sandwich à la dinde garni de laitue et de luzerne qu’ils font pousser eux-mêmes ici dans les mini-serres de l’école ! Les mini-serres font partie d’un projet de micro-entrepreneuriat pour vendre des lunchs aux gens sur l’heure du midi. MEEGWETCH ! TSHINASHKUMITIN à tous ! J’apprécie cette pensée à mon égard.

Malgré le fait qu’il est difficile de présenter devant de grands groupes, je constate que mon message a fait son chemin et a été bien reçu. Plusieurs élèves ont des questions et restent un peu à la fin pour nous rencontrer et parler un peu plus.

Après une pause-santé avec mes compères, Mathieu et Nick, nous faisons un arrêt à l’école secondaire où nous laissons au directeur de l’endroit des bandes dessinées pour la bibliothèque. Je croise plusieurs personnes pendant mon passage là ; Georges Miamscum, un ami de ma sœur, est l’un de ceux-là.

Nous faisons aussi un arrêt au centre de santé du village. J’y rencontre deux infirmières : Mylène et aussi Caroline Fillion, l’infirmière en chef. Elles me font visiter les installations. Je suis surpris par l’endroit ; c’est en fait un mini-hôpital avec tous les services de la modernité… radiologie, branchement sur le système permettant d’envoyer des images à Amos aux fins d’examen et diagnostics, une salle d’urgence, un centre d’hémodialyse pour les diabétiques, des salles de traumas… Une très belle clinique moderne où travaille une équipe dévouée aux multiples aspects du bien-être de cette communauté dans laquelle j’ai hâte de revenir.

Nous reprenons la route vers Chibougamau. Une fois arrivés, il est maintenant temps de nous séparer. Nick prend l’autobus demain matin pour retourner chez lui. Il dormira donc ici ce soir. Après les accolades qui n’en finissent plus de finir, je m’assure encore une fois que Nick sait qu’il peut compter sur nous, que nous serons toujours là pour lui. Je lui dis aussi de se souvenir qu’il a maintenant la force de puiser dans ce beau souvenir lorsque le besoin se fait sentir… que les beaux moments et les beaux messages qu’il a reçus sont en fait de l’énergie en réserve pour longtemps à venir. Nick, mon petit frère, tu restes dans mon cœur.