Avant de vous raconter notre journée, je dois vous dire qu’il y a une dizaine de jours, j’ai dû subir une opération pour une appendicite; ce qui rajoute à mon défi. Cela dit, je remercie le Dr. Kim Vo qui, grâce à son expertise, son talent et sa gentillesse, m’a remis sur pied. Pour cette raison, je ne suis pas au meilleur de ma forme pour entreprendre mon périple, mais j’y tiens de tout mon être!

Hier soir, après avoir préparé notre matériel pour ce matin et avant de rejoindre nos quartiers de nuit, nous avons pris le temps de faire connaissance et de recevoir les consignes du lendemain. Tout ce qui restait à faire ce matin était de déjeuner et de prendre la route vers l’Algonquin Canoe Club sur les rives de la Rivière des Outaouais. Nous sommes environ à une vingtaine de minutes de là. Les odeurs d’acide sulfurique de la papeterie Tembec me ramènent en 2007 quand je courais sur les bords du volcan Roturua, en Nouvelle-Zélande. Cet épisode de ma vie est la genèse du projet Innu Meshkenu.

Nous mettons les rabaskas à l’eau, malgré la pluie battante qui sera des nôtres une bonne partie de la journée. Nous sommes tous excités par cette aventure. Nous prenons place dans nos rabaskas; 7 et 8 rameurs par bateau. Marc-André Galbrand, notre logisticien, nous suit en chaloupe avec le matériel.  L’équipe de Radio-Canada a sa propre embarcation avec leur guide, Jonathan Bond. Nos barreurs sont Martin Caya de la compagnie Expéditions Rabaska Sorel qui nous a loué les embarcations et Jean-Charles Fortin, notre coordinateur.

Il pleut si intensément que nous devons vider nos canots qui se remplissent à vu d’œil! IL fait froid et un vent de 20-25 km/h souffle contre nous. Malgré tout, tous sont de très bonne humeur et profitent du paysage. Nous avançons tout de même au rythme de 6-7 kilomètres/heure. Il va sans dire que les efforts sollicités pour cette descente en rabaska sont bien différents que pour la marche; comme si l’on échangeait les ampoules aux pieds pour des ampoules aux mains!

Vers 14 h 30, nous arrivons à Jock River Falls, où nous passerons la nuit. Nous avons fait les 30 km prévus pour aujourd’hui. Il ne pleut plus; nous en profitons pour nous sécher et pour manger une bonne soupe chaude. Pour souper, nous aurons un ragout de viande et de légumes fait par Marc-André et Diane.

Nous en profitons pour faire notre cercle de partage. Nous passerons la nuit dans un campement et 4 tentes sont aussi montées pour accommoder tout le monde.

Je me porte bien et je suis content de mon état malgré tout. Descendre cette rivière riche de culture et d’histoire me ramène à mon enfance, avec mes grands-parents à Pessamit.

Je dédie ma journée au peuple mohawk vers qui l’on se dirige et que nous avons hâte de rencontrer.