À 5 heures ce matin, nous sommes réveillés par l’ainé William Awashish. Déjeuner, rassemblage des bagages, nous sommes prêts à nous mettre en route à 7 h : 15. Nous traverserons le Lac Châteauvert que les pisteurs ont vérifié hier. Ainsi, nous éviterons un 34 km en pleine forêt. Après une prière, nous quittons donc en direction du Camp Ulric Ottawa, sans oublier de remercier chaleureusement la famille Petiquay pour l’accueil incroyable! Kitci Mikwetc de tout cœur.

Le lac… Une immensité blanche à perte de vue! Nous nous engageons donc sur cette gigantesque étendue d’une blancheur aveuglante. La marche est éprouvante; les marcheurs, les uns derrière les autres, me donnent l’impression d’un troupeau de caribous dans la toundra nordique. Nous avançons d’un pas lent, mais sûr. C’est un paysage déconcertant voir… décourageant! Nous avançons, mais le lac est si vaste que nous avons l’impression d’être perdu dans le milieu de nulle part… et nous avançons… Certains marcheurs abandonnent leurs traineaux; j’en ramasse 2 près de moi et les traines sur 20 kilomètres avant qu’ils soient récupérés par les « roadrunners ».

La route est tantôt facile… Tantôt difficile; quelques fois, la route est enneigée et l’on doit garder nos raquettes. Quelques fois, c’est la glace et nous devons retirer nos raquettes. Ainsi, nous perdons beaucoup de temps.

La majorité des marcheurs réussissent à traverser le lac. Je suis étonné par tant d’effort surhumain et de détermination. Mathieu Robert, un marathonien, peut témoigner de la difficulté du trajet. Il a trouvé l’effort très éprouvant. Les premiers arrivent 14 heures et les derniers vers 17 heures. Une bonne soupe aux légumes chaude nous est servie à notre arrivée au Relais Châteauvert. On se réunit et l’on se félicite du beau travail d’équipe, de nos victoires individuelles qui forment un tout plus grand que nature! Plusieurs personnes se sont dépassé dont Guy Bacon qui marchait résolument et sans arrêt, en tirant son traineau et en disant qu’il ne lâcherait pas et irait jusqu’au bout. De l’endurance et de la persévérance à l’état brut!

On doit toutefois demander aux gens de démontrer ouverture d’esprit et indulgence. La chimie de groupe est souvent mise à l’épreuve pas un manque de ces deux éléments. On doit souvent faire le point et ainsi refaire cette chimie. On souligne encore que les nouveaux marcheurs font partie intégrante de la famille.

Une note de tristesse : nous aimerions souhaiter nos plus sincères condoléances à la famille Geoffrey Niquay, frère de Mikisa Niquay qui marche avec nous, pour la perte de leur fils naissant. Les marcheurs pensent à vous et vous gardent dans leurs prières. Nos forces, notre énergie, notre souffrance vont vers vous.

Hier, j’ai fait une offrande de tabac au chemin, tabac offert par Pierre-Paul Niquay qui se disait si triste de cette perte. Sachez que nous sommes avec vous.