Ce matin, je me suis levé à 6 h. La nuit dernière, j’avais dormi dans une tente de prospecteur où j’ai partagé la tente avec Jennika. J’avais un peu exagéré sur le nombre de bûches dans le poêle… J’ai rejoint Guy à 6 h 30 et nous sommes partis en voiture et direction de Val-Jalbert. Arrivés à 7h00, une douzaine de personnes nous attendaient, dont Ruth et Monique ainsi que Roger Tremblay et d’autres personnes de Mashteuiatsh ainsi que Pierre Paré et son amie. Nous sommes partis le long de la route 169 et nous avons emprunté la vélo-route. La journée était superbe, ensoleillée. Nous avons pris plusieurs photos, les couleurs étant magnifiques. Nous sommes arrêtés un peu avant Roberval où nous avons rencontré Rachel Bacon et Shenamen Dubé, deux kukum (grand-mères) qui ont marché avec nous. Nous avons fait un petit stop à la marina. Sur une muraille était écrite : À cœur vaillant, rien n’est impossible. Cette phrase m’a inspiré pour la journée. J’adhère tout à fait à l’adage. On met beaucoup d’effort et on souffre parfois, mais on réussit souvent à atteindre nos objectifs, avec détermination. Nous avons beaucoup discuté pendant la marche. Nous nous sommes dirigés vers Mashteuiatsh et d’autres marcheurs se sont joints à nous ainsi que des équipes de tournage du Wapikoni Mobile et de Radio-Canada. Nous y sommes arrivés à midi, accueillis par le Chef Cliff Moar et plusieurs enfants qui étaient déjà présents qui avaient hâte de me rencontrer et de marcher avec moi. À 12 h 40, j’ai rencontré la classe de préscolaire pour une quinzaine de minutes. Je leur ai parlé de l’importance de rêver. Puis, dans un grand gymnase, j’ai rencontré les élèves de la 1ere à la 5e année de l’école Anishk (castor) pendant trente minutes. Je leur ai parlé de mon cheminement, de l’importance de rêver et de travailler fort pour réaliser ses rêves. Tout le monde peut tomber, mais il faut se relever. Les élèves m’ont remis un cadeau : un bracelet pour mon bâton de marche avec une dent de castor pour me remercier et que je me souvienne d’eux. Nous avons aussi fait une farandole dans un cercle en criant et les enfants étaient très excités. Je leur ai promis de revenir l’an prochain avec des livres à colorier Innu Meshkenu. J’ai vu beaucoup de flammes dans les yeux des enfants. Qui sait? Peut-être que des rêves sont nés aujourd’hui. Par la suite, je me suis rendu à l’école secondaire et 6e année Kasinu Mamu (tous ensemble). J’y ai parlé de mon métier, de la peur du sang et des morts que j’ai surmontée et qui m’a fait grandir. J’ai discuté de l’importance de croire en quelque chose et de travailler pour que ça se réalise. J’ai aussi parlé de nutrition, de prévention santé et santé mentale, des abus de drogues et d’alcool. À 14 h 30, nous avons fait une marche derrière l’école avec tous les élèves des deux écoles et j’ai senti que j’ai réussi à toucher des jeunes et des enseignants. J’ai aussi rencontré des membres de la famille Valin et nous avons parlé de l’origine européenne de notre famille. Ça m’a beaucoup touché de voir les liens qu’on a tous. D’ailleurs, certains aînés allaient chasser sur un territoire commun de la rivière Péribonka, en plein milieu du Nitassinan. À15h30, j’ai visité le Centre de santé. J’y ai rencontré la directrice générale Jowan Philippe et le Dr. Johanne Philippe, amie de longue date. J’y ai aussi rencontré le personnel infirmier et autre personnel de la santé et j’ai discuté avec eux. À 16 h, nous nous sommes rendus à la salle des aînés et nous avons eu une discussion avec les aînés, suivis d’un souper. J’ai soif d’apprendre les connaissances traditionnelles telle la médecine traditionnelle. Nous avons discuté du besoin d’établir un groupe de recherche. Nous avons eu de très beaux échanges très émouvants qui m’ont convaincu de la proximité que j’ai avec ces gens-là. Je me sentais comme chez moi. J’ai reçu quelques cadeaux et je suis parti chez Claude Boivin pour la routine habituelle du soir. Demain, nous commençons un séjour intense de 257 km en six jours. Nous quitterons vers 7 h 30 pour nous rendre à La Doré où nous allons coucher dans un camp, chalet principal d’accueil de la réserve Ashuap Mushuam.