À 5 h 45 ce matin, la motivation de Stanley pour sortir du lit a été difficile à trouver. Le vent de la veille avait changé de direction et soufflait maintenant du nord, ce qui donnait un vent de face. De plus, les accumulations de neige rendaient les conditions de marche plus difficile. Stanley, Éric et Serge sont donc partis à 7 h du matin pour franchir les 15 km restant avant La Romaine. Mais malgré la courte distance, Stanley raconte : « mes jambes ne portaient plus et pourtant j’avais bien déjeuné, je n’avais tout simplement plus le moral ». Encore une fois, sa volonté de fer lui permit d’arriver à 10 h 15. Une fois à La Romaine, il discuta avec les responsables du centre de santé, Geneviève Mark la responsable des évènements spéciaux et passa en entrevue avec la journaliste Marie-France Abastado de Radio-Canada. À 12 h, il reçut un accueil officiel et tous les groupes d’âge étaient présents. Un aîné, William Mathieu Mark, lui a fait le mot de bienvenue et la prière avant de terminer par un chant innu qui toucha Stanley si profondément qu’il versa une larme. Ce chant lui a rappelé toutes les difficultés de son chemin, son grand-père et toute son histoire innue. Il profita de l’après-midi pour prendre du repos bien mérité, prendre une douche et se raser. Il fallait bien prendre un peu de temps pour cacher les traces laissées sur son visage par les engelures et les gerçures (fissures qui traversent entièrement la peau). Chaque jour est différent, aucune journée ne se ressemble, le temps est tellement changeant. La pluie, la neige, le vent façonnent la neige et l’environnement sans cesse, nous rappelant la vulnérabilité de l’homme dans cette immense et éternelle nature.