Jour 3 - Schefferville-Matimekush

… Hier, après mon appel conférence avec les jeunes de Pakuashipi, l’ennui m’a assailli… J’avoue d’emblée que c’est difficile ces temps-ci et mon énergie est plutôt basse. Une foule de choses, le travail… les responsabilités font que le fait de ne pas marcher sur une longue période me manque énormément et me déstabilise. Je me rends compte que je suis dépendant de ces marches qui sont des occasions formidables pour me recentrer, refaire le plein physique, mental et émotionnel.

Donc, après ma journée, j’ai eu très envie de voir mes filles. J’ai loué une voiture et je suis parti pour Baie-Comeau où j’ai soupé avec Chloé et voir aussi Sophie à qui j’ai remis un cadeau d’anniversaire pour ses 18 ans. Je suis fier d’elles… et je les aime tant! Après quelques heures, j’ai repris la route pour Sept-Îles…

À mon retour à Sept-Îles mardi soir, je suis allé prendre une bière au Bar Edgar, question de relaxer. J’ai eu la chance de discuter et parler de Compostelle avec Nadia, la serveuse. Il y a vraiment un sens dans chaque rencontre, car celle-ci m’a permis de revenir sur la genèse du projet Innu Meshkenu.

… J’ai bien dormi.

Après le déjeuner de mercredi matin, j’avais une entrevue avec Radio-Canada Ontario pour discuter d’un projet de jeunes autochtones sur la fierté identitaire; j’ai mentionné notre marche de Matawa à Nippissing qui aura l’été prochain. Je me suis ensuite préparé pour prendre un vol d’Air Inuit vers Schefferville où j’étais attendu par un comité de réception formé des membres de la communauté. Nous avons rencontré le conseil de bande et la vice-chef, Mme. Aster avec qui nous avons parlé des jeunes et de notre projet pour l’hiver 2015 de marcher Matimekush vers Kuujjuaq, ce qui les a emballés! Un beau projet innu, naskapi… et inuit! Un projet de grande préparation physique, mentale….. et financière!

On a rencontré aussi les professeurs de l’école de Matimekush. Nous avons parlé de la persévérance et de ma perception de l’éducation. Je sais que, même si je suis médecin, je crois qu’il est plus important d’investir en éducation qu’en santé; quand on améliore l’éducation, la santé va de pair.

Pour la persévérance, il est certain que les jeunes sont inspirés, mais les professeurs doivent être inspirants, les parents doivent encourager leurs jeunes pour nourrir cette persévérance nécessaire pour finir les études. Les maladies guettent les populations de faible niveau socio-économique.

De plus, il est important que les jeunes autochtones soient éduqués en valorisant l’identité, l’histoire, la culture autochtone pour que ceux-ci puissent se projeter dans le futur sur des bases solides.

Merci à tous de Matimekush pour votre accueil et votre amour!

J’ai rencontré aussi les ainés et les intervenants au dispensaire. Je leur ai parlé de ma visite en 1996. Nous avons ensuite soupé de caribou, de banique et de gâteau aux petits fruits rouges! Merci à tous pour ce si bon repas!

J’ai visité le nouvel aréna où il y avait une centaine de jeunes qui patinaient. Nous avons été gâtés de cadeaux. Je remercie tout le monde de Matimekush! Vous êtes si généreux!