Jour 11 - Waswanipi tout près!

Hier soir, Nathalie et Kimberly nous ont tellement fait rire que nous étions complètement épuisés lorsque nous nous sommes couchés. Elles sont si drôles ! Elles adorent rire et surtout, faire rire les autres ! Donc, il n’est pas surprenant que nous tombions tous dans un profond sommeil en intégrant nos sacs de couchage ! Je serai le responsable du poêle, et donc, de m’assurer qu’il reste allumer et que notre tente est chauffée. Je me réveille au moins 3 ou 4 fois pour entretenir la flamme.

Au petit matin, petit déjeuner continental… autochtone ! Le pain a été remplacé par la banik au raisin préparé par Freddy Kistabish, que l’on remercie chaleureusement. Nous nous préparons ensuite à partir pour un 24 km, l’avant-dernier trajet avant notre arrivée à Waswanipi. Le cercle de partage nous prépare intérieurement à notre journée.

En marchant, nous avons presque été témoins d’un face à face. J’étais avec Gaétane quand, tout à coup, un camion et une voiture ont bien failli entrer en collision. Avec les marcheurs le long de la route, le trafic routier devient un danger certain. Cet événement vient nous faire prendre conscience qu’il y a toujours un élément de danger qui nous guette et que nous devons TOUJOURS être aux aguets autant sur la route qu’au volant d’un véhicule. Cet épisode me laisse très craintif.

Après 10 kilomètres de marche, nous arrivons à Desmaraisville où nous faisons un court arrêt au dépanneur. Là nous nous attendent John Kitchen, ancien Chef de Waswanipi, sa conjointe Erica et leur fille India, que j’ai rencontrés il y a une dizaine d’années à Chicoutimi. Erica, qui est employée à Air Creebec, nous remet en cadeau des tuques et des gants à l’effigie de la compagnie. Merci pour cette pensée, Erica ! Nous les portons fièrement aujourd’hui. Ils nous accompagnent sur une distance de 14 kilomètres.

Il va de soi que nous discutons des défis de nos communautés, de nos peuples en général. Il va sans dire que le sujet de la violence qui affecte nos communautés est vite amené sur la table. Les révélations d’abus sexuels chez nos jeunes sont déconcertantes. Nous en convenons que la meilleure chose serait qu’aucune violence quelle qu’elle soit ne soit tolérée par nos leaders… Il ne faut plus fermer les yeux sur cette violence, même si elle provient de nos proches ; nous devons mettre fin à ce cercle vicieux qui nous mine la vie. Nous devons dire NON de façon collective et ainsi, amorcer la guérison et l’amélioration des conditions et des environnements dans lesquels nos enfants sont élevés. Nous nous devons de leur procurer l’idéal des conditions sécuritaires pour qu’ils puissent grandir physiquement, émotivement, spirituellement et mentalement.

En marchant, Nathalie me confie qu’elle est si fière d’avoir pu contribuer à l’Innu Meshkenu. Elle aura partagé avec nous quelque 240 km sur un trajet de plus de 6000 km. Elle aura fait sa marque.

Nous nous rejoignons tous au fil d’arrivée du jour ; les uns après les autres, Nick, John et sa famille, Gaétane et Kimberly arrivent. Nous faisons un feu pour nous réchauffer en partageant le potage préparé par Maxime en parlant ensemble. John me dit qu’il veut revenir demain et qu’il invitera d’autres personnes de Waswanipi à se joindre à nous. Ce serait en effet formidable d’être plusieurs marcheurs, car demain est le grand jour de l’arrivée à Waswanipi ! J’espère pouvoir rencontrer ses habitants et pouvoir saluer tout le monde ! VENEZ NOUS VOIR, gens de Waswanipi ! VENEZ MARCHER AVEC NOUS !

Nous nous préparons ensuite à partager notre dernier souper concocté par Maxime. Demain, 17 km sont prévus… Je dédie notre journée aux peuples malécite et micmac que je salue du fond du cœur.