Ce matin, le lever à 5 h 30… question de s’habituer à l’heure des Maritimes… soit une heure plus tôt qu’au Québec! Après un bon déjeuner, nous rassemblons notre bagage. Nous attendons l’heure du départ en nous amusant avec les oies et canards autour de notre hébergement! Éric Hervieux est tout de suite adopter par ceux-ci devient leur leader incontesté!

Nous quittons vers 8 h 30 pour nous rendre où nous avions laissé la veille, à Brador. Nous quittons la route principale pour prendre une petite route qui longe le bord de la mer. C’est un matin nuageux et venteux. Nous arrivons à Blanc-Sablon à 10 h où nous sommes attendus par les participants de la marche Terry-Fox à qui nous nous joignons. Une centaine de personnes qui marchent, courent, qui sont à vélo…. Et nous embarquons dans cette ronde! … et je fais de belles rencontres : des collègues de Blanc-Sablon avec des étudiants de médecine en stage là-bas. Nous avons partagé sur la pratique dans la région. Je rencontre la représentante de Québec en Forme, Karine Joncas avec qui je discute. Une dame… Denise et son mari, qui nous suivent passionnément sur le site web, et aussi Brenda, l’infirmière de Blanc-Sablon.

Je donne aussi une entrevue « live » pendant la marche à un journaliste du « Northern Pen » Journal, une entrevue inspirante et inspirée par la marche, le grand air! Une entrevue allumée et pleine d’énergie d’une durée de 40 minutes!

Et je grimpe la côte et j’aperçois….. Le détroit de Belle-Isle et Terre-Neuve au loin… TELLEMENT SPLENDIDE! Et tout en haut, nous arrivons à la frontière du Labrador et Terre-Neuve où il est pour ainsi dire impossible de passer sans le savoir; la pancarte géante, nous souhaitant WELCOME TO THE BIG LAND OF NEWFOUNDLAND AND LABRADOR, alors que, de l’autre côté, rien……. ABSOLUMENT RIEN ne fait de même lorsque nous entrons au Québec!!

Je suis gênée…. J’ai vraiment honte de mon chez-moi!! Nous ne recevons pas ici comme on nous reçoit ailleurs!

… tout à coup, je réalise que je suis dans une autre province… Mon projet, jusqu’à connu seulement qu’au Québec, s’étant maintenant dans d’autres provinces!! Mon rêve d’il y a 4 ans prend de l’ampleur… je l’avais souhaité… espéré… ET ÇA SE RÉALISE!! PAS PAR PAS… J’ai maintenant la moitié de mon périple de réalisé.

Au pied du grand panneau de bienvenue nous attendent une trentaine de personnes du village de l’Anse-au-Clair; villageois et beaucoup d’enfants. Nous rencontrons Mme. Grace Dumaresque, propriétaire du magasin général du coin… et nous marchons avec tous jusqu’au village où nous sommes reçu au magasin général avec café et de petites bouchées-desserts nous sont servis. Je fais une allocution pour parler de mon projet devant ce sympathique groupe et je les remercie pour leur chaleureux accueil avant de continuer notre route… Sous une pluie battante.

Sur la côte, le paysage est à la fois austère, dénudé, grandiose et venteux; une fois dans les terres toutefois, tout est vert et me fait penser à Charlevoix… avec de la mousse! Nous admirons en avançant… et nous arrivons à Forteau. Le type de paysage que nous voyons en descendant la côte me donne une forte impression de Baie-St-Paul!!! C’est incroyable l’effet que ça fait de ressentir une impression de déjà vue et d’en être à la fois aussi loin! La grande côte, le village en bas… la mer… il ne manque que l’Ile aux coudes!

On arrive à Forteau… Éric, Jonathan, et Line… Qui est épuisée et a donné tout ce qu’elle pouvait… Elle a une démarche lourde et remplie de douleurs. Nous attendons avec hâte l’arrivée de la camionnette… Nous sommes détrempés. Nous embarquons Éric et Joanne plus loin… Et nous nous dirigeons vers West Modest où nous partageons un tout petit chalet… Nous apprendrons beaucoup de l’un et de l’autre… promiscuité oblige! Mais nous sommes au chaud, au sec… et un toit!

Je dédie ma journée à la population de Pessamit, à notre ami Guy Bacon qui est avec nous en pensée… Je pense aussi à ceux qui souffrent et sont malades. FORCE… ÉNERGIE… COURAGE. Comment fait-on pour oublier la douleur, pour passer à travers?

« Il ne faut pas se laisser envahir par la douleur; il faut être plus fort qu’elle. Comment? Dans la prière, dans le moment présent et en la dédiant à ceux qui souffrent. »