J’ai rêvé toute la nuit… entre deux bûches… Après avoir mis du bois dans le poêle, je retombais dans mes rêves… Encore deux bûches… Je sors pour «appel-nature»; Ce que je vois dehors est d’une beauté époustouflante!! Un ballet d’aurores boréales qui dansent et tourbillonnent à travers un océan d’étoiles!! Je reste là à admirer le ciel comme on admire un tableau d’artiste d’un talent incomparable! Un ciel pur, sans pollution lumineuse. Ce spectacle me réconcilie avec les misères vécues.

Cette nuit, la température a été douce… le jour s’annonce semblable. Après le déjeuner, je fais le tour des blessés, parce qu’il y a toujours des blessures dans de telles expéditions. Blessure aux pieds… ou à l’âme, je soigne tout! Pour ma part, l’antibiotique commence à faire son effet; je ne suis pas guéri de ma grippe… mais ma situation est sous contrôle.

L’avion Norpac se pointe autour de 10 h 30. Samuel, en pilote aguerri, fait son atterrissage sur le lac. À son bord, le Chef de Matimekush, Réal Mackenzie, les parents de certains de nos marcheurs, en tout neuf personnes qui arrivent avec de la pizza pour le diner, de la viande, des médicaments que j’avais demandés. Le Chef Mackenzie visite chacune des tentes et parle avec tous; il encourage et transmet le message d’encouragement de tous les chefs, que toutes les communautés innues envoyaient les félicitations et encouragements pour être unis et fiers de mener ce projet à bien. On parle de l’importance de la persévérance dans cette expédition, de son importance historique. Le Chef Mackenzie, Rodrigue et son fils, le jeune marcheur Kieston, Jordan et ses parents… Tous nous formons le cercle durant lequel on nous livre ces beaux messages d’encouragement.

Après le départ de notre visite, je décide de marcher quelques kilomètres. Michael et Donat m’accompagnent. À 15 h 30 donc, nous quittons. En route, nous rencontrons un renard qui examine les trous de pêche où Elijah et Brian ont attrapé deux truites grises pour le souper de ce soir. Il fait très doux… Si doux que nous devons enlever les doubles de vêtements. J’enlève un de mes trois pantalons; je l’accroche sur une branche d’arbre qui borde le trajet. Nous marchons en direction du lac LeMoyne… À 18 h 30, les motoneiges qui reviennent de ce lac nous prennent et nous retournons au camp… Sans oublier de ramasser les vêtements laissés sur le chemin. Donc demain, nous aurons ces 15 kilomètres de moins à faire.

Demain nous rejoindra mon grand ami Mathieu-Robert Sauvé, qui vient marcher avec nous. J’ai tellement hâte de le voir! Le meilleur reste à venir!

Ma journée est dédiée au peuple mohawk… Je vous verrai à l’automne pour la marche Akwasasne, Kanehsatake et Kahnawake vers le centre-ville de Montréal… Une expédition de marche et de rabaska. J’espère que vous vous joindrez à moi!