Aujourd’hui, nous nous sommes levés à 5 h 30 avec un bon café de Guy Bacon. Éric réalisa qu’il ne pouvait marcher puisqu’il avait la cheville enflée. Mikaël nous amena à la jonction des routes 172 et 138, au km 0 de la route 172. Nous avons débuté la marche à 8 h. Guy Bacon et moi marchons et discutons de différentes choses. J’ai le temps de penser à ma mère pendant une ou deux heures, de notre relation amour/haine, de sa mort alors que je l’ai moi-même débranchée. Au moins, j’avais eu le temps de faire mon deuil. J’en retiens que chacun d’entre nous devrait prendre le temps de pardonner aux gens aimés. Arrivé à Sacré-Cœur, je suis arrêté au CLSC pour chercher des pansements donnés gracieusement par le CLSC pour nous tous. J’ai rencontré quelques patients que je connais. Nous avons continué à marcher. Nous sommes arrivés à 11 h 30 à notre auberge à Sacré-Cœur, le temps d’un lunch rapide et je suis reparti avec Jennika et Britannie pour continuer la marche. Éric, qui embarque avec Mikaël, devient notre photographe et cameraman officiel. Nous marchons le long de la rivière Ste-Marguerite. Peu après le pont, je me suis fait attaquer par un gros chien méchant et enragé, crocs sortis. J’ai dû le frapper avec mes bâtons de marche pour le dégager, car il m’aurait vraiment blessé sérieusement et ça en aurait été fini de la marche. J’ai continué à marcher le long de la rivière. C’est un plaisir. Cette ancienne vallée glaciaire est tout simplement à couper le souffle. Près du quarantième kilomètre, il y a une petite rivière qui passe et c’est à cet endroit que j’arrêtais souvent avec mes filles. Je me suis souvenu, nostalgique, que Chloé voulait toujours qu’on s’y arrête. J’ai terminé la marche au kilomètre 40 avec Guy (photo à l’appui). Félicitations à Guy pour ses efforts et sa détermination, ainsi que sa force et son humilité. Britannie et Jennika avaient dû arrêter en chemin pour des problèmes aux jambes. Une chance, Mikaël est en tout temps avec nous pour nous escorter en voiture et nous apporter support, eau et vivres. Puis, nous sommes revenus au chalet pour nous soigner, nous laver, manger et surtout rire et rire encore, comme les Innus que nous sommes.