Je dormais depuis 21 h 30; vers minuit, j’ai dû me lever…. appel de la nature. Je sortis donc faire ce que j’avais à faire et me remis au lit. J’étais presque endormi lorsqu’un hélicoptère en basse altitude passa au-dessus de nos tentes en faisant un bruit effroyable!! Nul besoin de vous dire dans quel l’état de frayeur et de malaise je me suis réveillé! …. Je me réinstalle donc…. mais les outardes tout près dans le champ avaient été elles aussi dérangées et… étaient très dérangeantes à leur tour! Après quelques minutes de brouhaha, tout se tranquillise pour un court temps; trois ou quatre hiboux hululent à qui mieux mieux!! Décidément, la nuit sera courte!

Nous nous levons vers 7 h sur la musique de Florent Vollant. Déjeuner…. ramasser….. Et cercle de partage bon et court et nous sommes prêts pour la marche d’aujourd’hui, un 25 km. Tous prennent la route. Je pars un peu plus tard; j’ai des choses à régler. Je fais un arrêt dans un Ultramar en réparation et je parle avec le propriétaire, un Chinois qui est très intéressé par mon récit. Je lui mentionne que j’irai chez les Inuits plus tard dans l’année. Il me demande si les Inuits sont proches des Asiatiques. Je lui dis que oui que les Inuits sont une migration tardive; les Inuits ont traversé ici par le détroit de Béring il y a 2000 ans. Nous discutons de l’histoire des Premières Nations. Avant de repartir, il m’offre 3 bouteilles de thé glacé en me souhaitant bonne chance.

Je marche seul…. le temps est superbe….. et je réfléchis… Je pense au phénomène des femmes autochtones disparues ou assassinées. Ce n’est en fait que la pointe de l’iceberg; oui, on devrait faire une commission qui cherchera à la base du phénomène pour découvrir l’importance de valoriser l’éducation, la sécurisation et l’identité culturelle de nos communautés dans le but d’équiper nos jeunes et leur donner le goût de rester le plus longtemps possible parmi les leurs. La misère et la violence poussent ces jeunes filles à chercher le bonheur ailleurs, pour différentes raisons… manque de travail, pas d’éducation, violence dans la famille et la communauté. Il faut réinvestir dans nos enfants en leur donnant un but et un rêve à poursuivre en se basant sur une identité culturelle et une éducation forte. Seulement ainsi pourrons-nous régler ce problème.

Je m’ennuie de ma famille… Mes sœurs Nadia et Myriam….. mes cousins, cousines, mes oncles et mes tantes… La famille Bacon, Picard et Canapé… ma cousine Line que je verrai surement ce weekend à Ottawa, Marie-Ève et Bill ses enfants et son mari, mon ami d’enfance Jocelyn Paul, dont je suis très fier; il est le premier brigadier général autochtone dans l’armée canadienne. J’ai trop hâte de voir mes enfants aussi! Je vous dédie tous ma journée!

J’arrive à Shawville, la ville où pratique Ruth Vanderstelt, une collègue. Je rencontre l’équipe de tournage qui est en train de manger. Ils me rattraperont plus tard pour une série d’images intemporelles à insérer dans le reportage et une entrevue… qui se révèlera très émotionnelle.

… Je continue ma marche quand, tout à coup, un chien féroce part à mes trousses! N’eut été de mon bâton de pèlerin, je me serais surement fait mordre! En arrivant au camp, j’apprends que Rachelle a été mordue; je devrai la soigner!

Et je rejoins les autres marcheurs à temps pour souper. Au menu, fajitas!