Jour 12 - Des cailloux bizarres sur ma route!

Hier, nous avons couché encore une fois dans le gymnase de l’école… et encore une fois, les ronflements se faisaient échos! J’ai décidé qu’au moins, je prendrais mes aises; j’ai emprunté un de ces grands matelas à gymnastique et l’ai combiné à mon nouveau matelas pour m’assurer d’un confort que je n’aurai sans doute pas demain. La nuit fut quand même bienfaitrice. Au matin, nous déjeunons copieusement; quelques conseillers de la Ville sont parmi nous. Suzanne nous gâte ce matin; elle a cuisiné des fèves au lard à la perdrix! Tout le monde s’en délecte! Toutefois, je me contente d’un toast et un gruau.

Le conseil de bande nous achète une vingtaine de t-shirts et casquette « Innu Meshkenu » et me demande de les dédicacer. Ils seront attribués tout au long de l’année durant différents évènements. Et il est temps de partir. Une surprise de taille nous attend : une haie d’honneur formé des enfants de l’école primaire de Pikogan nous mène vers l’autobus! C’est excessivement touchant!! Les enfants scandent mon nom et nous demandent de rester! Les gens en ont les larmes aux yeux; ils ont vraiment apprécié notre présence!… Et ce fut réciproque! Pikogan est une belle communauté, forte et équilibrée et ce fut un séjour fabuleux!

Éric, Jean-Charles et moi nous rendons vers l’école St-Thérèse d’Amos, établissement primaire privé. Nous rencontrons trois groupes de jeunes. Les élèves sont majoritairement allochtones. Je leur demande quelmétier ils veulent pratiquer, quels sont leurs rêves? Et je leur dis qu’il est important de parler plusieurs langues et je leur enseigne quelques mots Anishnabe : Kwei Kwei et meegwetch, pour pouvoir se parler entre voisins! Le bâton de marche magique est aussi très populaire ici! Tous accourent pour passer leur rêve au bâton! L’ainé Alexandre doit être fier de voir que son bâton est maintenant le « bâton des mille rêves “. Nous allons à l’extérieur pour, tous ensemble faire un bout de marche autour du carré de l’école, l’équivalent d’environ un kilomètre. Et c’est le départ; les jeunes me font des « top-là’, on me sert la main.

Je me rends ensuite à la radio boréale pour enregistrer une entrevue qui sera diffusée demain à travers le réseau abitibien. Et une autre école m’attend : l’école secondaire Kodiac où je suis interviewé par Joanie, journaliste pour le journal étudiant. On m’invite ensuite à prendre la parole dans la salle de la vie étudiante où les étudiants étaient venaient sur une base volontaire. J’adapte mon discours; je leur raconte mon histoire… je leur explique comment, avec de la volonté, on peut réaliser tous ces désirs! Et le bâton a ici aussi un effet formidable! Et je quitte sous les applaudissements et les remerciements!

Nous devons faire des courses avant de reprendre la route. Éric a un urgent besoin de chaussures de marche et nous devons manger avant pour recommencer à marcher. J’arrive au site de marche à 14 h pour un 26 kilomètres. Il fait beau… Je marche seul… et je pense….

Je dédie ma journée aux gens de Pikogan pour leur grande gentillesse; que leurs enfants gardent cette inspiration qu’ils ont reçue longtemps pour qu’ils puissent continuer à embellir leur communauté. Aussi, je salue la nation mi’gmag de Gaspésie et du Nouveau-Brunswick. Je retournerai vous visiter dans quelque temps….

Et justement, je réfléchis en marchant sur l’importance de revenir… pour assurer un suivi significatif et rendre mon message plus fort. Je pense à l’importance d’une personne pour voir à ce suivi. Il y a déjà deux ans que j’ai commencé ma marche; j’avais promis de revenir. Il serait temps de consolider cet aspect du projet. Le retour dans les communautés visitées pour répéter le message qui encore plus beau et plus fort qu’il était il y a deux ans. Peut être serait-il temps de engager quelqu’un ou trouver un partenariat avec une organisation quelconque pour développer une liaison continuelle, inviter les écoles à nous suivre sur le site web et encourager le développement d’activités pédagogiques dans différents domaines d’apprentissage…. Pour que la flamme allumée perdure, le contact constant devient primordial.

….Au cours de ma réflexion, les kilomètres passent… Comme les camions! D’ailleurs, un camion me sort de mes pensées d’un seul coup! En passant près de moi, un des pneus éclate en morceau! Le temps de me retourner, j’en reçois un morceau dans le dos! J’ai la peur de ma vie! Heureusement, je n’ai pas été blessé!

Je continue à marcher…. et, tout au long de la route, je trouve des pierres avec des messages drôles dessinés dessus! Ce sont les cailloux comiques de Rob! Il a commencé cela hier et l’effet y est! Des cailloux ‘bonne humeur’ qui nous donnent du courage pour se rendre jusqu’au bout! Et je termine mon 26 kilomètres.

En arrivant au camp avec Jean-Charles, il y a déjà plusieurs personnes de Cadillac, de Pikogan, nous ont fait à souper. Plusieurs membres de la famille Polson, qui reviennent de Malartic, sont aussi des nôtres. Il y a aussi le candidat à la mairie de Rouyn-Noranda, Vyani Gxoyiya, venu nous saluer à la course! Un particulier qui n’hésite pas à nous aider à monter le camp! M. Réal Lacombe arrive avec le maire actuel de Rouyn-Noranda, Mario Provencher. La directrice de Village en santé, Mme. Denise Lavallée, est aussi présente.

J’ai troqué la tente de Jean-Charles pour une grosse tente Prospecteur chauffée, pour combattre l’humidité. Bonne nuit à tous!